Les bienfaits des échecs

Un jeu pour réfléchir, apprendre et prendre confiance — sans avoir l’impression de faire un devoir de plus.

À première vue, les échecs, ce sont 32 pièces sur 64 cases. En pratique, c’est surtout un cerveau qui travaille. L’enfant observe, se souvient des règles, choisit un coup et essaie de prévoir ce qui pourrait arriver ensuite. Pas mal pour un jeu où tout le monde reste assis.

Le cavalier oblige à voir l’espace autrement, tandis que le fou fait rapidement connaissance avec les diagonales. Avant de déplacer une pièce, il faut regarder plusieurs possibilités, les comparer et en choisir une. On touche ainsi à la géométrie, au calcul et à la résolution de problèmes, mais sans feuille d’exercices à remettre à la fin.

Les échecs font aussi travailler les mots. Expliquer pourquoi on a joué un coup, écouter l’idée de l’autre et défendre son raisonnement demande de mettre sa pensée en ordre. Il faut parfois aussi reconnaître qu’on avait complètement oublié sa dame. Cela arrive même aux joueurs très sérieux.

Une partie apprend à attendre son tour, à rester attentif et à continuer après une erreur. Perdre une pièce ne veut pas dire que tout est terminé. On peut chercher une autre solution, changer de plan et faire mieux à la prochaine partie. Petit à petit, la patience et la persévérance cessent d’être de grands mots : elles deviennent des gestes que l’enfant pratique réellement.

Il y a enfin la confiance. Un enfant qui hésite dans d’autres activités peut découvrir devant l’échiquier qu’il sait observer, trouver une idée et prendre une décision par lui-même. Le progrès est concret : une règle comprise, un piège évité, une partie menée jusqu’au bout. Ces petites réussites comptent.

Pourquoi jouer aux échecs à l’école? Parce qu’on y réfléchit, qu’on apprend à persévérer et qu’on joue avec les autres. Surtout, parce qu’on peut faire tout cela en s’amusant. Sinon, à quoi bon sortir l’échiquier?